“Tu fais la tête ?” Non, je recharge juste mes batteries 🔋
Quand on est hypersensible et introverti difficile de s'intégrer
Salut toi,
J’espère que cette newsletter te trouve dans un moment de douceur. Aujourd’hui, j’avais envie de te parler d’un sujet qui me touche profondément et qui résonne peut-être en toi aussi : cette sensation d’être incompris quand on est hypersensible et introverti.
Tu sais, ce moment où tu préfères rester tranquille dans ton coin lors d’une soirée et où tu vois dans les regards cette petite étincelle de jugement. “Oh, encore toi qui fais la tête… Tu es vraiment pas sociable.” Ou pire : “Tu te prends pour qui à rester dans ton coin comme ça ?”
Je veux te dire quelque chose d’important : il n’y a rien qui cloche chez toi. Vraiment rien.
Le grand malentendu qui nous suit partout
Le problème, c’est qu’on vit dans un monde qui valorise énormément l’extraversion, comme si être le centre de l’attention était la seule façon d’exister pleinement. Mais notre façon d’être au monde est tout aussi valable, tout aussi riche.
Quand on préfère les petits comités aux grandes foules, quand on a besoin de silence après une journée intense, quand on choisit nos mots avec soin plutôt que de parler pour ne rien dire, les gens interprètent souvent cela à travers leur propre prisme. Notre besoin de solitude devient de la froideur à leurs yeux. Notre réflexion avant de parler devient de l’arrogance. Notre sensibilité devient de la fragilité.
Mais voici la vérité : nous aimons profondément les connexions humaines. Simplement, nous les vivons différemment. Nous préférons une conversation authentique avec une personne à des échanges superficiels avec vingt. Nous aimons rire, nous amuser, partager, mais à notre rythme et dans un cadre qui nous permet d’être pleinement présents.
Et oui, parfois nous avons besoin de nous retirer pour recharger nos batteries. Imagine que tu as une batterie sociale : pour un extraverti, voir du monde recharge cette batterie. Pour nous, voir du monde consomme cette batterie. Ce n’est pas du rejet envers les autres, c’est de la préservation.
Quand le rejet fait vraiment mal
Je ne vais pas te mentir : être mis à l’écart, ça fait mal. Vraiment mal. Surtout quand on sait au fond de soi qu’on a tant à offrir, tant d’amour et d’attention à donner.
Dans ces moments-là, on a vite tendance à se dire :
“Si on ne m’invite pas, c’est que je ne suis pas intéressante”
“Si on ne vient pas vers moi, c’est que je suis nulle”
“Les gens ne m’aiment pas”
Mais parfois, les autres pensent simplement que tu préfères être tranquille. Ils ne se rendent même pas compte que tu aimerais être plus incluse. Ils interprètent ton calme comme de la distance, pas comme une envie d’être seule.
Rappelle-toi ceci : Ce que tu ressens est réel, mais l’interprétation que tu en fais n’est pas forcément la vérité.
Tu as le droit d’être triste, d’être blessée, de te sentir seule. Accueille cette émotion au lieu de la fuir. Mets des mots dessus : “Là, je me sens rejetée, et ça me fait mal.” Plus tu acceptes ce que tu ressens, moins ça te contrôle.
Mes conseils pour naviguer dans ce monde extraverti (sans te trahir)
Laisse-moi partager avec toi quelques astuces qui m’ont vraiment aidé à trouver ma place :
Éduque ton entourage en douceur. Tu n’as pas à t’excuser d’être qui tu es, mais expliquer peut créer des ponts. Quand tu déclines une invitation, prends le temps d’expliquer : “J’ai vraiment besoin de calme ce soir pour me ressourcer, mais j’adorerais qu’on se voie en petit comité la semaine prochaine.” Les gens comprennent souvent mieux quand on leur donne une fenêtre sur notre monde intérieur.
Ose faire le premier petit pas. Souvent, on attend que les autres viennent vers nous. Mais eux pensent parfois que tu veux rester dans ton coin. Tu peux essayer un simple sourire, un bonjour franc, ou un petit commentaire : “C’était intense cette réunion, non ?” Tu n’es pas obligée d’être brillante, juste présente.
Privilégie les 1:1 et propose tes propres règles du jeu. Au lieu de toujours dire non aux grandes sorties, propose des activités qui correspondent à ton énergie : un café en tête-à-tête, une balade dans un parc, un dîner à quatre maximum, une expo tranquille. Montre que tu veux créer du lien, mais à ta manière.
Utilise ton super-pouvoir : l’écoute. Si tu ne sais pas quoi dire dans un groupe, pose des questions ouvertes qui permettent d’aller plus en profondeur : “Et toi, qu’est-ce que t’aimes le plus dans ce que tu fais ?” ou “C’est quoi le truc qui te détend le plus en ce moment ?” Les gens adorent se sentir vraiment entendus, et c’est exactement ce que tu sais faire naturellement.
Trouve ta tribu. Cherche activement des espaces qui valorisent la profondeur comme les clubs de lecture, ateliers créatifs, groupes de discussion, associations caritatives. Ces lieux attirent souvent des personnes qui, comme toi, préfèrent la qualité à la quantité. Diversifier tes cercles sociaux fait que le rejet dans un groupe fait moins mal.
Respecte ton énergie sans t’isoler complètement. Planifie à l’avance tes temps sociaux. Par exemple : “Cette semaine, je fais une sortie ou un appel avec quelqu’un, et le reste du temps, je me préserve.” Tu peux venir à un événement, rester une heure, puis partir avant d’être vidée. Tu n’es pas obligée de t’épuiser pour “prouver” quelque chose.
Un dernier mot de cœur
Tu sais, j’ai appris avec le temps que chercher à s’intégrer ne doit jamais signifier se renier. Il y a des personnes et des environnements qui te comprendront naturellement, qui verront ta sensibilité comme un cadeau plutôt qu’une faiblesse.
Le monde a besoin de personnes comme nous. De gens qui écoutent vraiment, qui ressentent profondément, qui réfléchissent avant de parler, qui créent des espaces d’authenticité dans un monde souvent superficiel. Notre différence n’est pas un défaut à corriger, c’est une couleur unique dans la palette humaine.
Alors continue d’être toi, avec douceur et persévérance. Les bonnes personnes te trouveront. Et en attendant, sache que tu n’es pas seul à vivre cette expérience. Nous sommes nombreux à marcher sur ce même chemin, cherchant l’équilibre entre notre besoin de connexion et notre besoin de solitude.
Prends soin de toi et de ta belle sensibilité,
Avec toute ma bienveillance ✨
P.S. : Si cette newsletter résonne en toi, n’hésite pas à la partager avec quelqu’un qui pourrait en avoir besoin. Parfois, savoir qu’on n’est pas seul fait toute la différence.

