Newsletter : Préparez le printemps avec votre cheval
Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien et que vous profitez de ces journées qui s’allongent doucement. Le soleil commence à réchauffer nos écuries, les oiseaux chantent un peu plus fort chaque matin… Ça y est, on y est presque : le printemps arrive officiellement le 21 mars, dans quelques jours seulement !
C’est toujours un moment que j’attends avec impatience. Voir nos chevaux retrouver l’herbe fraîche, les observer gambader dans les prés verdoyants… Mais vous le savez aussi bien que moi, cette transition est délicate. Le printemps est une période charnière où leur organisme est particulièrement sollicité. Alors j’ai eu envie de partager avec vous mes petites astuces en naturopathie équine pour les accompagner tout en douceur dans ce changement de saison.
La star incontestée du printemps : la sève de bouleau
Si je devais vous recommander un seul produit naturel pour cette saison, ce serait sans hésiter la sève de bouleau ! C’est vraiment ma cure détox préférée pour les chevaux.
Pourquoi c’est magique ?
La sève de bouleau (qu’on appelle aussi eau de bouleau ou jus de bouleau) est récoltée exactement maintenant, au moment de la montée de sève entre mars et avril. C’est un liquide naturellement riche en minéraux : potassium, magnésium, calcium, silicium, fer, zinc… Un vrai cocktail de bienfaits !
Elle possède des propriétés drainantes et dépuratives exceptionnelles. En gros, elle aide le foie et les reins à éliminer toutes les toxines accumulées pendant l’hiver. Et croyez-moi, après des mois de foin, de box et de moins d’exercice, nos chevaux en ont bien besoin !
Ce que j’adore, c’est qu’elle reminéralise en même temps qu’elle draine. Résultat : un poil plus brillant, plus de vitalité, une meilleure vigilance. C’est particulièrement top pour les chevaux âgés, convalescents ou un peu apathiques. Elle aide aussi pour les articulations grâce à ses propriétés anti-inflammatoires naturelles, et favorise même des tendons sains après l’effort.
Comment l’utiliser ?
Quantité journalière pour un cheval (500kg+) : 150 ml à 250 ml
Poney / Âne : 100 ml à 150 ml
Shetland : 50 ml
Conseils d’administration
Introduction progressive : Commencez par une demi-dose pendant les 2 ou 3 premiers jours pour habituer le système digestif de votre cheval.
Mode d’emploi : La sève se mélange très facilement à la ration quotidienne. Si votre cheval est au pré sans complément, vous pouvez lui administrer directement dans la bouche à l’aide d’une seringue buccale (la plupart des chevaux apprécient le goût neutre et légèrement sucré).
Conservation : La sève de bouleau fraîche doit impérativement être conservée au réfrigérateur.
La sève fraîche (non pasteurisée)
C’est la forme la plus riche en nutriments, mais aussi la plus délicate.
Au réfrigérateur (entre 2°C et 5°C) : Elle se conserve environ 3 à 5 semaines.
Phénomène de fermentation : Au bout de quelques jours, la sève peut devenir trouble et son goût peut s’acidifier. C’est une fermentation naturelle (lacto-fermentation). Elle reste consommable par le cheval, mais ses propriétés changent légèrement.
Congélation : Si vous en avez trop, vous pouvez la congeler sans perdre ses minéraux. Elle se garde alors 6 mois.
La sève stabilisée ou pasteurisée
Si vous l’avez achetée dans le commerce en format “Bag-in-Box” (outre à vin) ou en bouteille scellée :
Avant ouverture : Elle se conserve généralement 1 à 2 ans à température ambiante (vérifiez la Date Limite d’Utilisation Optimale sur l’emballage).
Après ouverture : * Format Bag-in-Box : Environ 4 à 6 semaines, car le vide d’air empêche l’oxydation.
Bouteille : Doit être placée au frais et consommée sous 7 à 10 jours.
Mes conseils pour une conservation optimale :
Évitez la lumière : Même au frais, gardez-la dans un récipient opaque ou dans le noir pour protéger les vitamines.
L’odeur et l’aspect : Si la sève dégage une odeur de “pourri” ou de moisi (différent de l’odeur aigrelette de la fermentation), ou si des plaques de moisissures apparaissent en surface, ne la donnez pas à votre cheval.
Température stable : Évitez de laisser le bidon en plein soleil devant le box ou dans le coffre de la voiture.
Petit conseil : choisissez une sève bio, fraîche et de qualité artisanale si possible. Et observez bien votre cheval les premiers jours pour vous assurer qu’il la tolère bien (même si c’est très rare qu’il y ait des soucis).
Vous pouvez aussi refaire une cure en octobre, juste avant l’hiver, pour préparer la saison froide !
🌱 Attention à “l’herbe qui rend fou” !
Ah, la mise à l’herbe… On en rêve tout l’hiver, mais c’est aussi le moment où il faut être le plus vigilant. L’herbe de printemps est très riche en sucres (les fameux fructanes) et très différente du foin sec de l’hiver. Pour nos chevaux, c’est un peu comme si nous passions d’un coup d’une alimentation légère à des gâteaux à tous les repas !
Les risques à connaître
Une transition trop brutale peut provoquer des coliques, des diarrhées, et surtout la redoutable fourbure – cette inflammation douloureuse des pieds liée à l’accumulation de fructanes. Les chevaux atteints de syndrome métabolique équin, de Cushing, ou simplement un peu enrobés sont encore plus à risque.
La règle d’or : la progressivité
Commencez par de courtes périodes de pâturage : 15 à 20 minutes les premiers jours, puis augmentez progressivement de 10-15 minutes chaque jour. Idéalement, sortez-les après qu’ils aient mangé leur foin, comme ça ils seront moins voraces.
Pour les chevaux sensibles, attendez que l’herbe soit un peu plus mature et atteigne au moins 25 cm de hauteur avant de les laisser brouter plus longtemps. L’herbe jeune et rase est la plus sucrée et donc la plus dangereuse.
Et surtout, observez-les : chaleur dans les pieds, réticence à marcher, posture campée… Au moindre doute, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire.
🌿 Le grand ménage de printemps : drainage et détox
En plus de la sève de bouleau, il existe d’autres plantes merveilleuses pour soutenir l’organisme de nos chevaux au printemps.
Les plantes drainantes stars
L’artichaut : il stimule la sécrétion biliaire et possède des propriétés dépuratives. Parfait pour le foie !
Le chardon-marie : c’est LE protecteur du foie par excellence. Il protège les cellules hépatiques et favorise leur renouvellement. Si votre cheval a été sous traitement médicamenteux pendant l’hiver, c’est vraiment intéressant.
Le romarin : sous forme de macérat de bourgeon, c’est une référence en drainage hépatique.
Le pissenlit : excellent pour soutenir les reins grâce à son action diurétique.
En pratique
Ces plantes s’utilisent généralement en cure de trois semaines, à raison d’environ 50g par jour pour un cheval de 550kg (adaptez selon le poids de votre cheval). Vous pouvez les trouver en mélanges tout prêts chez des laboratoires spécialisés en phytothérapie équine, ou les préparer vous-même si vous êtes à l’aise avec les plantes.
Le timing idéal ? Maintenant, juste avant ou au début de la mise à l’herbe, pour préparer l’organisme à cette transition.
🦟 Préparez-vous à l’invasion des insectes
On n’y pense pas encore vraiment, mais dans quelques semaines, les mouches, moustiques et taons vont faire leur grand retour. Et pour les chevaux sensibles, notamment ceux sujets à la dermite estivale, mieux vaut anticiper !
Les répulsifs naturels
Exit les produits chimiques agressifs ! Il existe de super alternatives naturelles à base d’huiles essentielles :
Lavande : répulsive et apaisante
Géranium : très efficace contre les moustiques
Eucalyptus citronné : un classique anti-insectes
Huile de neem : répulsive et purifiante, vraiment top
Vous pouvez préparer vos propres sprays ou acheter des produits naturels tout prêts. Appliquez régulièrement, surtout en fin de journée quand les insectes sont les plus actifs.
Pour les chevaux à dermite
Ne les laissez pas commencer à se gratter ! Dès maintenant, vous pouvez préparer leur peau avec des soins à base d’argile, d’aloe vera et d’huiles essentielles apaisantes. Ces produits calment les démangeaisons et favorisent la cicatrisation si la peau est déjà abîmée.
Pensez aussi aux couvertures anti-dermite et aux masques si votre cheval est vraiment sensible.
🔬 Et les parasites dans tout ça ?
Le printemps, c’est aussi le moment où on pense vermifugation. Mais plutôt que de vermifuger systématiquement “à l’aveugle”, je vous encourage vraiment à faire une coproscopie (analyse des crottins).
Pourquoi c’est important ?
Ça permet de savoir si votre cheval a réellement besoin d’un vermifuge chimique, et si oui, lequel sera le plus efficace. Tous les chevaux ne sont pas égaux face aux parasites, et vermifuger sans raison contribue aux résistances.
Les alternatives naturelles
Si la pression parasitaire est faible, vous pouvez utiliser des plantes vermifuges en prévention :
Tanaisie
Armoise
Noix d’arec
Ail (en petites quantités)
Ces plantes ne tuent pas directement les parasites comme le font les vermifuges chimiques, mais elles stimulent les défenses naturelles de l’organisme et créent un environnement moins favorable aux vers.
L’idéal reste d’alterner : vermifuges chimiques quand c’est nécessaire (selon la coproscopie), et plantes en prévention le reste du temps.
🌸 En résumé : votre checklist printemps
Pour que ce soit plus clair, voici ce que je vous recommande de faire dans les semaines qui viennent :
✅ Maintenant (mars) :
Commencer une cure de sève de bouleau (21 jours)
Faire une coproscopie pour évaluer la charge parasitaire
Préparer vos répulsifs naturels anti-insectes
Vérifier l’état des pieds avant la mise à l’herbe
✅ Mise à l’herbe (progressive !) :
Commencer par 15-20 minutes de pâturage
Augmenter progressivement chaque jour
Surveiller les signes de fourbure
Attendre que l’herbe soit à 25 cm pour les chevaux sensibles
✅ Avril-mai :
Cure de plantes drainantes si besoin (artichaut, chardon-marie)
Commencer les soins préventifs anti-dermite
Vermifuger si la coproscopie le recommande
Observer l’état général et ajuster l’alimentation
💚 Mon mot de la fin
Le printemps, c’est vraiment une saison merveilleuse mais délicate pour nos chevaux. L’idée de tous ces conseils naturels, ce n’est pas de remplacer votre vétérinaire – loin de là ! – mais de prévenir plutôt que guérir, et d’accompagner votre cheval en douceur dans cette transition.
La naturopathie équine, c’est une approche globale qui respecte le rythme naturel de l’animal et les cycles des saisons. C’est prendre le temps d’observer, d’écouter, d’anticiper. Et honnêtement, c’est aussi ce qui rend notre relation avec nos chevaux encore plus belle.
Alors prenez soin de vos loulous, profitez de ces moments privilégiés au pré, et n’hésitez pas à me faire vos retours sur ces astuces ! Je serais ravie de savoir comment vos chevaux réagissent à la sève de bouleau ou à vos préparations maison.
Belle transition printanière à tous ! 🌿🐴
À très bientôt,
Sakura Nature
P. S. : Si vous avez des questions ou si vous voulez partager vos propres astuces naturelles, n’hésitez pas à me contacter. J’adore échanger sur ces sujets !

