Conseils et astuces pour "Le ventre de foin" chez le Cheval
Bonjour à tous !
J’espère que vous et vos chevaux allez bien ! Aujourd’hui, je voulais vous parler d’un sujet qui m’a été suggéré par l’une d’entre vous. J’ai reçu un mail ce matin d’une abonnée qui s’inquiétait pour son cheval qui a “le ventre de foin” et elle demandait conseil.
Cette situation, je la connais bien, et je me suis dit que ça valait le coup d’en parler à tout le monde parce que c’est un problème plus courant qu’on ne le pense. Rassurez-vous, il y a plein de solutions naturelles pour aider nos chevaux !
Qu’est-ce que le “Ventre de foin” ?
Le ventre de foin, c’est cette apparence bizarre où votre cheval a un ventre vraiment gonflé, comme s’il était enceinte, mais en même temps il est maigre partout ailleurs. On voit ses côtes, son dos est creux, ses muscles fondent, et pourtant son ventre est énorme. C’est déroutant, non ?
En fait, ce n’est pas du tout un signe que votre cheval mange trop ou qu’il est gros. C’est exactement l’inverse ! Son ventre est gonflé à cause de gaz qui s’accumulent dans ses intestins, parce qu’il mange un foin de mauvaise qualité ou mal adapté à ses besoins. Du coup, il essaie de compenser en mangeant encore plus de foin pour avoir assez de nutriments, mais ça ne fait qu’aggraver le problème. C’est un cercle vicieux.
Pourquoi ça arrive ?
La cause principale, c’est presque toujours la qualité du foin. Quand le foin est coupé trop tard dans la saison, après que les herbes aient fait leurs graines, il devient très fibreux et ligneux. Il contient beaucoup moins de protéines et d’énergie. Votre cheval doit alors en manger des quantités énormes pour essayer de trouver ce dont il a besoin. Mais ces fibres très dures fermentent lentement dans son gros intestin, et ça produit plein de gaz. Résultat : le ventre gonfle.
Il y a aussi d’autres facteurs qui n’arrangent rien. Un cheval qui reste beaucoup au box, sans exercice régulier, aura un transit intestinal plus lent. L’eau, c’est aussi super important : si votre cheval ne boit pas assez, son système digestif fonctionne mal. Et bien sûr, les parasites peuvent aussi jouer un rôle, surtout si le programme de vermifugation n’est pas à jour.
Comment reconnaître un bon foin ?
Vous n’avez pas besoin d’être expert pour repérer un foin de qualité ! Voici quelques astuces simples que j’utilise :
La couleur : Un bon foin est vert ou vert-doré. S’il est tout jaune, marron ou gris, c’est qu’il a été coupé trop tard ou mal conservé.
L’odeur : Sentez-le ! Il doit sentir bon, frais, un peu sucré, comme de l’herbe fraîche. Si ça sent le moisi, la poussière ou le renfermé, fuyez !
La texture : Les tiges doivent être fines et souples, pas épaisses et dures comme du bois. Et il doit y avoir beaucoup de feuilles, parce que c’est là que se trouvent les protéines et les vitamines.
Si vous voulez vraiment être sûr, vous pouvez faire analyser votre foin en laboratoire. Ça coûte entre 30 et 60 euros, et ça vous donne plein d’informations précises sur sa valeur nutritive. Franchement, ça vaut le coup, surtout si vous achetez une grosse quantité pour l’hiver !
Mes conseils pour améliorer la situation
1. Améliorer le foin
Si votre foin n’est pas terrible, essayez de le compléter avec de la luzerne. La luzerne, c’est génial parce que c’est très riche en protéines (15-20%) et en calcium. Vous pouvez la donner en foin, en cubes ou en granulés. Même 20-30% de luzerne dans la ration peut faire une vraie différence.
Une autre option que j’adore, c’est la pulpe de betterave. C’est plein de fibres super digestibles qui donnent de l’énergie sans faire gonfler le ventre. Il faut juste bien la faire tremper avant (au moins 12 heures dans beaucoup d’eau), sinon ça peut être dangereux.
2. Donner le foin différemment
Utilisez des filets à foin à petites mailles ! C’est vraiment un truc qui change tout. Ça ralentit la vitesse à laquelle votre cheval mange, il mastique plus, il produit plus de salive, et son système digestif fonctionne mieux. En plus, ça l’occupe pendant des heures, ce qui est bon pour son moral.
L’idéal, c’est que votre cheval ait accès au foin presque tout le temps. Les chevaux sont faits pour manger en continu, pas pour avoir deux gros repas par jour. Si vous pouvez lui donner au moins 1,5 à 2% de son poids en foin par jour (donc pour un cheval de 500 kg, ça fait 7,5 à 10 kg de foin), c’est parfait.
3. Les plantes qui aident
J’utilise beaucoup de plantes pour soutenir la digestion, et ça marche vraiment bien ! Voici mes préférées :
Le psyllium : C’est la star pour nettoyer les intestins. Il forme une sorte de gel qui aide à éliminer le sable et les débris. Je fais des cures de 7 jours par mois, avec 50 à 100 grammes par jour mélangés dans la ration.
Les probiotiques et prébiotiques : Ils aident à rééquilibrer la flore intestinale. Vous pouvez utiliser des levures vivantes (comme le Saccharomyces cerevisiae) ou des prébiotiques naturels comme la chicorée ou l’inuline.
Les plantes digestives : La camomille, le fenouil, la menthe poivrée, le fenugrec... Ces plantes aident à réduire les gaz, à apaiser les intestins et à stimuler la digestion. Vous pouvez les donner en infusion ou mélangées dans la ration.
Le chardon-marie : Excellent pour soutenir le foie, qui joue un rôle clé dans la digestion et l’élimination des toxines.
4. Bouger, bouger, bouger !
L’exercice, c’est vraiment essentiel ! Un cheval qui bouge régulièrement a un transit intestinal qui fonctionne beaucoup mieux. Si vous pouvez le sortir au paddock tous les jours, c’est l’idéal. Même juste marcher 30 minutes par jour peut faire une différence énorme. Le mouvement stimule les contractions de l’intestin et aide les gaz à s’évacuer naturellement.
5. L’eau, toujours l’eau !
Assurez-vous que votre cheval boive suffisamment. Un cheval de 500 kg devrait boire entre 20 et 40 litres par jour, parfois plus s’il fait chaud ou s’il travaille. L’eau aide à ramollir les aliments et à les faire avancer dans le système digestif. Quelques astuces : gardez l’eau propre et fraîche, et en hiver, proposez de l’eau tiède si votre cheval boit moins.
Soyez patient !
Une dernière chose importante : les résultats ne sont pas immédiats. Il faut souvent plusieurs semaines, voire quelques mois, pour voir une vraie amélioration. Le ventre va se dégonfler progressivement, et surtout, vous allez voir votre cheval reprendre du muscle et de la condition. Continuez les bons soins, soyez régulier, et faites confiance au processus.
Si malgré tout ça la situation ne s’améliore pas, ou si votre cheval a d’autres symptômes bizarres (boit et urine beaucoup, a un poil qui ne mue pas, etc.), consultez votre vétérinaire. Parfois, il peut y avoir d’autres problèmes sous-jacents comme le syndrome de Cushing ou une charge parasitaire importante.
Voilà, j’espère que cette newsletter vous aidera à mieux comprendre le ventre de foin et à prendre soin de vos chevaux ! N’oubliez pas que chaque cheval est unique, et ce qui marche pour l’un peut demander des ajustements pour l’autre. L’important, c’est d’observer, d’écouter votre cheval, et d’adapter vos soins à ses besoins.
Et vous, avez-vous déjà été confronté au ventre de foin ? Quelles solutions ont fonctionné pour vous ? N’hésitez surtout pas à me contacter si vous avez des questions, si vous voulez partager votre expérience, ou même si vous avez des idées d’articles de blog que vous aimeriez que j’écrive ! Je lis tous vos messages avec plaisir, et vos retours m’aident énormément à créer du contenu qui vous est vraiment utile.
Prenez soin de vous et de vos chevaux !
Sakura Nature

