« Est-ce que ces croquettes sont bonnes ? »
« Est-ce que je devrais passer au sans céréales ? »
« Mon chien mange cette marque depuis des années, mais il se gratte… est-ce que c’est à cause de son alimentation ? »
« Mon chat vomit régulièrement, est-ce que je devrais changer de nourriture ? »
Ce sont des questions que les propriétaires se posent énormément.
Et je comprends pourquoi.
Aujourd’hui, nous avons accès à une quantité incroyable d’informations sur l’alimentation animale. Des croquettes premium, du sans céréales, du bio, du naturel, du BARF, des pâtées, des compléments, des aliments thérapeutiques…
Et chaque marque nous explique évidemment pourquoi son alimentation est la meilleure.
Alors comment s’y retrouver ?
Personnellement, je pense qu’on se trompe parfois de question.
Au lieu de chercher « quelle est la meilleure alimentation pour mon animal ? », je préfère commencer par :
« Comment mon animal réagit-il à cette alimentation ? »
Parce qu’une alimentation peut être excellente sur le papier et ne pas convenir parfaitement à un animal donné.
Et inversement, une alimentation très simple peut très bien convenir à un animal pendant des années.
L’important est de regarder l’animal dans son ensemble.
Une bonne alimentation ne se juge pas uniquement à l’étiquette
C’est probablement la première chose que j’aimerais vous dire.
Lire la composition d’un aliment est intéressant.
Regarder les ingrédients, les apports nutritionnels, la qualité des matières premières ou la formulation est utile.
Mais l’étiquette ne nous raconte pas toute l’histoire.
Elle ne nous dit pas comment votre chien va digérer cet aliment.
Elle ne nous dit pas si votre chat va maintenir un poids adapté avec cette quantité.
Et surtout, elle ne nous dit pas comment l’animal va évoluer dans le temps.
C’est pour cela que j’aime associer deux choses :
ce que contient l’alimentation et ce qu’elle produit chez l’animal.
Les deux sont importants.
1. Regardez les selles
C’est probablement l’un des premiers indicateurs auxquels je pense.
Les selles peuvent nous donner beaucoup d’informations sur la digestion.
Chez le chien et le chat, on peut notamment observer leur consistance, leur fréquence, leur quantité et les éventuelles modifications apparues après un changement alimentaire.
Une modification ponctuelle n’est pas forcément inquiétante.
Un changement persistant, en revanche, mérite qu’on s’y intéresse.
Des selles régulièrement très molles, des diarrhées répétées, de la constipation ou des changements importants après chaque modification alimentaire ne devraient pas être simplement considérés comme « normal chez lui ».
Il faut chercher pourquoi.
Et parfois, la réponse sera effectivement alimentaire.
Mais pas toujours.
Un problème digestif peut avoir de nombreuses causes et une diarrhée persistante, par exemple, mérite un avis vétérinaire.
2. Comment se passe sa digestion ?
Il n’y a pas que les selles. Observez aussi tout ce qui se passe autour de la digestion.
Votre animal vomit-il ?
A-t-il beaucoup de gaz ?
Semble-t-il inconfortable après avoir mangé ?
Mange-t-il très rapidement ?
A-t-il des épisodes de reflux ou de régurgitation ?
Son ventre semble-t-il sensible ?
Encore une fois, je ne cherche pas à vous dire :
« Si votre animal a des gaz, c’est que son alimentation ne lui convient pas. »
Ce serait beaucoup trop simpliste.
Mais si un problème digestif apparaît régulièrement et que vous remarquez une correspondance avec l’alimentation, cela devient une piste intéressante à explorer.
3. Son poids reste-t-il stable et adapté ?
Un aliment peut parfaitement convenir sur le plan nutritionnel et pourtant être donné en quantité inadaptée.
C’est une nuance importante. Le poids dépend de nombreux facteurs :
l’âge ; l’activité physique ; la stérilisation ; le métabolisme ; la race ou le type d’animal ; l’état de santé ; la quantité réellement distribuée ; les friandises ; les restes de table ; les compléments ; et bien sûr, l’alimentation elle-même.
Chez le chien et le chat, une prise de poids progressive peut parfois passer inaperçue parce qu’elle se fait très lentement.
C’est pour cela que j’aime conseiller de suivre régulièrement le poids ou, lorsque cela est pertinent, l’état corporel de l’animal plutôt que de se fier uniquement à son impression visuelle.
L’objectif n’est pas d’avoir un animal « mince ».
L’objectif est d’avoir un animal dont le poids et l’état corporel sont adaptés à sa situation.
4. Regardez sa peau
La peau peut également nous donner des informations intéressantes.
Votre chien se gratte-t-il beaucoup ?
Se lèche-t-il régulièrement les pattes ?
Votre chat se toilette-t-il de manière excessive ?
A-t-il des zones de poils clairsemés ?
Il serait tentant de conclure immédiatement :
« C’est son alimentation. »
Mais attention.
Les problèmes de peau peuvent avoir énormément de causes : parasites, allergies, environnement, infections, facteurs hormonaux, stress, troubles médicaux…
L’alimentation peut parfois jouer un rôle, mais elle n’est qu’une piste parmi d’autres.
C’est justement pour cela qu’un animal qui se gratte régulièrement mérite qu’on cherche la cause plutôt que de changer de croquettes tous les quinze jours.
5. Et son pelage ?
Le pelage peut lui aussi être intéressant à observer.
Chez le chien et le chat, regardez sa texture, sa brillance, la perte de poils et l’état général de la peau. Mais là encore, il faut se méfier des conclusions trop rapides.
Un beau poil ne signifie pas automatiquement que l’alimentation est parfaite.
Et un poil terne ne signifie pas automatiquement qu’il manque quelque chose dans la gamelle.
La saison, l’âge, les hormones, la santé générale, les parasites, le toilettage et de nombreux autres facteurs peuvent influencer l’aspect du pelage.
Ce qui nous intéresse surtout, c’est l’évolution.
6. Quelle est son énergie au quotidien ?
Votre animal a-t-il une énergie adaptée à son âge et à son mode de vie ?
Un jeune chien n’a évidemment pas les mêmes besoins qu’un chien âgé.
Un chat qui dort beaucoup n’est pas nécessairement fatigué : les chats dorment naturellement énormément.
Mais si vous observez une modification nette et durable de son énergie, cela mérite qu’on se pose des questions.
Un animal soudainement très fatigué, apathique ou beaucoup moins actif ne doit pas être automatiquement « traité » avec une nouvelle alimentation ou un complément.
Il faut d’abord rechercher la cause.
7. Comment évolue son appétit ?
L’appétit est également une information intéressante.
Certains animaux sont naturellement très gourmands.
D’autres mangent de manière beaucoup plus modérée.
Ce qui m’intéresse surtout, c’est le changement.
Un chien qui commence soudainement à bouder sa gamelle.
Un chat qui devient beaucoup plus difficile.
Ou, au contraire, un animal qui semble constamment affamé.
Là encore, l’alimentation peut être impliquée, mais il ne faut pas oublier qu’un changement d’appétit peut également être lié à un problème de santé, au stress, à la douleur ou à d’autres facteurs.
Un animal qui ne mange plus mérite toujours qu’on prenne la situation au sérieux.
8. Son comportement a-t-il changé ?
C’est un aspect auquel on pense moins lorsqu’on parle d’alimentation.
Pourtant, l’alimentation fait partie du quotidien de l’animal.
Si quelque chose lui provoque un inconfort digestif, s’il a faim en permanence, si son poids change ou s’il ne se sent pas bien, cela peut se répercuter sur son comportement.
Un animal inconfortable peut être plus irritable. Plus agité. Moins disponible. Plus difficile à manipuler. Ou au contraire plus apathique.
Mais là encore, il faut rester prudent.
Il serait dangereux d’expliquer un problème comportemental uniquement par l’alimentation.
Un chien qui devient agressif, un chat qui s’isole doit être évalué dans son ensemble.
L’alimentation peut faire partie du puzzle.
Elle n’est pas nécessairement toute l’histoire.
9. Regardez surtout l’évolution dans le temps
C’est probablement le conseil que je donnerais en priorité. Parce qu’on peut facilement se perdre dans les détails.
Une selle un peu plus molle un mardi ne nous apprend pas grand-chose.
Un chien qui se gratte une fois après une balade ne permet pas de conclure à une intolérance alimentaire.
Ce qui devient intéressant, c’est la répétition.
Est-ce que le problème revient ?
Depuis quand ?
Est-ce qu’il apparaît après certains aliments ?
Est-ce qu’il disparaît lorsque quelque chose change ?
Est-ce que plusieurs signes apparaissent en même temps ?
C’est pour cela qu’un petit journal peut être très utile.
Pendant quelques semaines, vous pouvez noter :
l’alimentation donnée ;
les quantités ;
les friandises ;
les selles ;
les éventuels vomissements ou troubles digestifs ;
l’appétit ;
le poids ou l’état corporel ;
l’activité ;
le comportement ;
l’état de la peau et du pelage ;
les changements inhabituels.
Cela permet parfois de voir des choses que l’on ne remarque pas dans la vie quotidienne.
Alors… faut-il choisir du « sans céréales » ?
C’est une question que l’on me pose régulièrement.
Et ma réponse est : pas forcément.
« Sans céréales » ne signifie pas automatiquement « meilleur ».
Les céréales ne sont pas automatiquement mauvaises pour tous les chiens ou tous les chats.
Ce qui compte, c’est la formulation globale de l’aliment, sa qualité nutritionnelle, son adéquation aux besoins de l’animal et sa tolérance individuelle.
Et surtout, remplacer les céréales par d’autres sources d’amidon ne signifie pas nécessairement que l’aliment est pauvre en glucides ou plus adapté.
Il faut donc éviter de choisir une alimentation uniquement parce qu’elle porte une mention qui semble rassurante.
« Naturel » ne veut pas forcément dire adapté
C’est une autre confusion très fréquente. Le mot naturel est extrêmement séduisant. Et je comprends pourquoi.
On a instinctivement envie de donner à nos animaux quelque chose de simple, proche de ce que l’on imagine être leur alimentation idéale.
Mais « naturel » n’est pas un synonyme de « nutritionnellement complet » ou de « adapté à cet animal ».
Une alimentation peut être naturelle et déséquilibrée.
Elle peut également être parfaitement adaptée à un animal et ne pas convenir à un autre.
Et certaines substances naturelles peuvent même être dangereuses pour les animaux.
C’est pour cela que je préfère toujours regarder les besoins réels de l’animal avant de me laisser séduire par un argument marketing.
Et le fameux « premium » ?
Même principe.
Premium est avant tout un terme marketing qui ne suffit pas, à lui seul, à déterminer la qualité nutritionnelle d’un aliment.
Une jolie image. Un beau packaging. Une longue liste d’ingrédients.
Des mots comme « premium », « holistique », « naturel » ou « ancestral »…
Tout cela peut être séduisant.
Mais ce qui compte réellement, c’est ce que l’alimentation apporte à l’animal et si elle répond correctement à ses besoins.
Ne choisissez pas uniquement une nourriture parce qu’elle est bien vendue.
Regardez ce qu’elle contient, comment elle est formulée et surtout comment votre animal évolue avec elle.
Et les recommandations sur Facebook ?
Ah… les groupes Facebook !
Ils peuvent être fantastiques pour partager des expériences.
On y trouve énormément de propriétaires passionnés, des témoignages intéressants et parfois de très bonnes pistes.
Mais il faut garder une certaine distance.
Parce que :
« Ça a fonctionné pour mon chien »
ne signifie pas :
« Ça fonctionnera pour tous les chiens. »
Votre animal a son âge, son poids, son activité, son métabolisme, son historique médical, son environnement et ses propres sensibilités.
Deux chiens qui se ressemblent énormément peuvent avoir des besoins différents.
La même chose est vraie pour les chats.
Un témoignage peut donc être une piste.
Mais pas une prescription.
Alors comment savoir si une alimentation lui convient ?
Pour moi, il faut regarder l’ensemble.
Posez-vous régulièrement ces questions :
Ses selles sont-elles normales pour lui ?
Sa digestion est-elle confortable ?
Son poids et son état corporel sont-ils adaptés ?
Sa peau est-elle saine ?
Son pelage est-il dans son état habituel ?
Son niveau d’énergie est-il adapté ?
Son appétit est-il stable ?
Son comportement est-il habituel ?
Son état général évolue-t-il positivement ?
Et surtout :
Depuis combien de temps ces observations sont-elles les mêmes ?
Parce qu’une alimentation ne se juge pas uniquement sur les premiers jours.
L’organisme a besoin de temps pour s’adapter à certains changements, et certains effets ne sont visibles qu’après plusieurs semaines.
Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faut attendre indéfiniment lorsqu’un animal présente des symptômes importants.
Attention aux changements alimentaires à répétition
C’est un piège dans lequel on peut facilement tomber.
Le chien a des selles molles ?
On change de croquettes.
Il se gratte ?
On change encore.
Il recommence à avoir des selles molles ?
On essaie une nouvelle marque.
Puis une autre.
Puis une alimentation sans céréales.
Puis une alimentation hypoallergénique.
Puis une ration maison.
Au final, on ne sait parfois même plus ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas.
Et surtout, on risque de passer à côté de la véritable cause.
Lorsqu’un animal présente un problème persistant, il vaut souvent mieux ralentir, observer et chercher à comprendre, plutôt que d’enchaîner les changements alimentaires au hasard.
Une alimentation adaptée n’est pas forcément celle que votre voisin donne
C’est peut-être la conclusion la plus simple de cet article.
Il n’existe pas une alimentation universelle qui conviendrait parfaitement à tous les chiens.
Ni à tous les chats.
Les besoins varient selon l’espèce, mais aussi selon l’âge, le poids, l’activité, l’état physiologique, l’état de santé et de nombreux autres facteurs.
Et même deux animaux ayant exactement le même âge et le même poids peuvent avoir des besoins ou des tolérances différents.
Alors plutôt que de chercher la nourriture parfaite, cherchez une alimentation :
adaptée aux besoins de votre animal, correctement formulée, suffisamment équilibrée et qui lui convient dans la durée.
Et si votre animal présente des symptômes persistants ou inhabituels, ne cherchez pas uniquement du côté de sa gamelle.
Cherchez aussi ce qui se passe autour.
Observer avant de changer
Vous l’aurez compris, c’est finalement le même principe que dans beaucoup de sujets liés à nos animaux :
observer avant d’agir.
Avant de changer encore une fois de croquettes.
Avant de supprimer complètement une famille d’aliments.
Avant d’ajouter trois compléments.
Avant de suivre le conseil d’une personne sur Facebook.
Prenez le temps de regarder votre animal.
Comment va-t-il ?
Comment digère-t-il ?
Comment évolue son poids ?
Comment est sa peau ?
Son pelage ?
Son énergie ?
Son comportement ?
Et surtout…
est-ce que quelque chose a changé récemment ?
Parce que votre animal est le meilleur indicateur de la façon dont il vit son quotidien.
Il ne peut peut-être pas vous dire :
« Cette alimentation ne me convient pas. »
Mais son corps et son comportement peuvent parfois vous donner des informations précieuses.
À nous d’apprendre à les observer.
Et chez vous ?
Avez-vous déjà changé l’alimentation de votre chien, de votre chat ou de votre cheval en pensant qu’elle ne lui convenait pas ?
Et qu’est-ce qui vous a fait prendre cette décision : ses selles, sa digestion, son poids, sa peau, son comportement… ou simplement une recommandation trouvée sur Internet ?
Racontez-moi votre expérience en commentaire.
Parce qu’il n’y a pas une seule façon de nourrir correctement son animal, mais il y a certainement une chose que nous pouvons tous apprendre à faire : mieux observer celui qui partage notre quotidien.
Sakura Nature

