Ce que les aboiements de nos chiens essaient parfois de nous dire
Pendant longtemps, on a surtout vu les aboiements comme quelque chose qu’il fallait “faire arrêter”.
Un chien qui aboie trop.
Un chien qui dérange.
Un chien qui fait du bruit.
Mais avec le temps, et surtout en vivant avec des chiens sensibles, j’ai appris à voir les choses autrement.
Un aboiement n’arrive jamais complètement “pour rien”.
C’est une forme de communication.
Une manière pour le chien d’exprimer quelque chose quand il ne trouve pas d’autre façon de le faire.
Et souvent, derrière un chien qui aboie… il y a simplement un chien qui essaie d’être entendu.
Tous les aboiements ne veulent pas dire la même chose
C’est un peu comme chez nous : on ne parle pas avec le même ton quand on a peur, quand on est heureux, frustré ou inquiet.
Chez le chien, c’est pareil.
L’intensité, le rythme, la posture du corps et le contexte changent énormément la signification de l’aboiement.
Observer un chien, ce n’est pas seulement écouter le bruit qu’il fait.
C’est regarder l’ensemble.
L’aboiement d’alerte
C’est probablement celui que beaucoup de personnes connaissent le mieux.
Le chien entend un bruit, voit quelqu’un passer, remarque quelque chose d’inhabituel… et il aboie pour prévenir.
Ce n’est pas forcément de l’agressivité.
Souvent, c’est simplement :
“J’ai remarqué quelque chose.”
Ces aboiements sont souvent :
courts,
répétitifs,
dirigés vers une porte, une fenêtre ou une personne.
Certains chiens sensibles ont un besoin très fort de surveiller leur environnement.
Ils peuvent vite devenir hypervigilants, surtout s’ils manquent de sécurité émotionnelle ou de repos.
L’aboiement de peur
Celui-ci est souvent mal compris.
Un chien qui aboie fort peut sembler “impressionnant”, alors qu’en réalité… il a peur.
Le but de cet aboiement est souvent d’augmenter la distance avec ce qui l’inquiète.
En général, on peut observer :
un corps tendu,
une posture basse ou reculée,
des oreilles plaquées,
des hésitations.
Punir un chien qui aboie par peur ne règle malheureusement pas l’émotion derrière le comportement.
Le chien n’apprend pas à être rassuré.
Il apprend juste qu’il n’a plus le droit d’exprimer son inconfort.
Et parfois, cela peut rendre les réactions encore plus fortes avec le temps.
L’aboiement de frustration
C’est un type d’aboiement très fréquent chez les chiens jeunes, sensibles ou très stimulés.
Par exemple :
un chien qui veut aller dire bonjour,
un chien retenu en laisse,
un chien qui attend quelque chose avec excitation,
un chien qui n’arrive pas à obtenir ce qu’il veut.
Ces aboiements sont souvent rapides, intenses, accompagnés d’agitation.
La frustration est une émotion difficile à gérer pour beaucoup de chiens… surtout dans un quotidien très stimulant.
On pense parfois qu’un chien “a besoin de se dépenser encore plus”, alors qu’en réalité certains chiens ont surtout besoin :
d’apprendre à redescendre émotionnellement,
de retrouver du calme,
d’avoir des moments de repos réels.
L’aboiement d’excitation
Celui-là, on le reconnaît souvent facilement.
Le chien est content :
avant la promenade,
quand quelqu’un rentre à la maison,
pendant le jeu.
Le corps est généralement souple, dynamique, joyeux.
Ce n’est pas forcément problématique… sauf si le chien reste constamment dans un état d’excitation élevé.
Aujourd’hui, beaucoup de chiens vivent dans des environnements très stimulants :
bruits, activités, sollicitations permanentes, jeux incessants…
Et certains chiens sensibles ont du mal à retrouver un état de calme après cela.
Le repos est souvent sous-estimé dans le bien-être émotionnel du chien.
L’aboiement de demande d’attention
Parfois, le chien a simplement appris que l’aboiement fonctionne.
Il aboie → on regarde.
Il aboie → on parle.
Il aboie → il obtient quelque chose.
Et honnêtement, c’est normal.
Les chiens apprennent constamment par association.
Mais derrière ces comportements, il y a parfois aussi un vrai besoin :
d’interaction,
d’occupation,
de présence,
de sécurité.
L’objectif n’est pas d’ignorer systématiquement le chien.
C’est plutôt de lui apprendre des façons plus calmes et sereines d’entrer en relation.
Et si on arrêtait de voir les aboiements comme un “mauvais comportement” ?
Évidemment, vivre avec des aboiements constants peut être difficile.
Mais essayer de comprendre “pourquoi” change énormément notre manière de réagir.
Un chien qui aboie n’est pas forcément :
dominant,
capricieux,
manipulateur,
“mal éduqué”.
Parfois, c’est juste un chien stressé.
Ou inquiet.
Ou dépassé émotionnellement.
Et souvent, quand on répond au besoin derrière le comportement… le comportement lui-même commence déjà à changer.
Observer avant de corriger
C’est probablement une des choses les plus importantes que les animaux m’ont appris.
Avant de vouloir faire taire un comportement, essayer de comprendre ce qu’il raconte.
Parce que derrière un aboiement, il y a souvent une émotion.
Et derrière cette émotion, un besoin.
Et je crois profondément que beaucoup de chiens sensibles n’ont pas besoin de plus de contrôle.
Ils ont surtout besoin d’être compris. 🐾
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